immersionreactions

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Histoire de vous faire (un peu) partager ce que je vais vivre en Terre Sainte pendant neuf mois. Les photos viendront plus tard, aucune envie de découvrir un tel endroit avec l’appareil pendu autour du cou pour le moment.

Samaritains

mai 7th, 2012

Vendredi dernier j’ai assisté à la Pâques des Samaritains. C’est une communauté très étrange, qui pense que les juifs font fausse route, que le lieu saint n’est pas Jérusalem mais le mont Guérizim, la montagne où ils sont installés (près de Naplouse). Ils ne sont que quelques centaines et se marient entre ceux, ce qui fait qu’il y a un nombre effrayant de personnes handicapées ou en fauteuil roulant. Vraiment ça faisait peur à voir !

Ils respectent la Bible mot pour mot et pour Pâques, ils font le sacrifice des moutons à la lettre, comme dans les saintes écritures… du coup après des chants liturgiques zouip, des moutons sont égorgés puis se déroulait une cérémonie où les hommes dépiautaient toutes les pauvres bêtes avant de les faire cuire dans des immenses feux.

En partant on s’est arrêtés à Naplouse chez mon ami Nizar, chez qui on a au final dormi avec Florence et Paul (toujours les deux mêmes français avec qui je fais mes randos). Le lendemain on est passés voir un théâtre palestinien à Jénin avant de prendre le cap vers la mer pour profiter de l’aprem à la plage et finir par un barbecue là-bas.

On a eu des super embrouilles au checkpoints car je n’avais pas mon passeport, du coup on a été classés dans la catégorie SUSPECTS+++ et on a dû vider la voiture qu’ils ont fouillé de fond en comble. C’était en fait très drôle parce que le coffre était plein de babioles (vieilles pompes, bouteilles vides et pleines, vieille tentes, matelas pourris, ballons, raquettes etc) et de bois pour faire le barbecue du soir. On devait tout passer au rayons X un à un, ça nous a pris en tout 1h15. Je me retenais de rire jusqu’à ce que je vois la nana militaire inspecter minutieusement une pastèque pour vérifier que c’en était bien une. Là c’était trop, on a explosé de rire sous le regard mécontent des israéliens. Ahlalala, cette sécurité…

On est finalement arrivés sur la plage, j’ai bien nagé et on a fini par le barbecue tant attendu.

Je rentre en France dans 16 jours, c’est INCROYABLE. J’ai encore mille choses à faire, ça va être un peu la course… d’où l’écriture de ces derniers articles à la va-vite !

Ciao !

Gaza et Golan

mai 7th, 2012

Il y a deux semaines je suis allée chez un couchsurfer à Ashkelon, près de Gaza. Je voulais absolument aller voir la frontière, qui avait l’air… bien calme !

Le matin on est allés nager en mer, c’était génial, la natation me manque vraiment.

La semaine d’après je suis partie dans le Golan (tout au Nord-ouest d’Israël) avec mes deux potes français et une autre amie.

Sur le chemin on s’est arrêtés et on s’est baignés dans le lac de Tibériade (ou de Galilée), puis on a passé une soirée chez un ami qui habite dans un kibboutz dans le Golan. Repas copieux préparé par la maman, miam !  La maman part bientôt en France faire un stage pour apprendre à… faire du fromage, marrant.

On s’est fait trois gros jours de rando de 6-7h dans des paysages magnifiques, le long de rivières et des cascades. Beaucoup d’arrêts pour se baigner dans les piscines naturelles, c’était GENIAL aussi.

On dormait dans des tentes et on mangeait des barbecues tous les soirs. Un soir petit coup de panique en entendant des “ouuuuuuhhhhhhhhh” de loups très, très nombreux et très, très près de nous ahah. Bon en fait RAS, apparemment ce n’était que des chacals.

Au bout de trois jours mes amis sont rentrés et j’ai continué mon voyage dans Golan toute seule (j’y étais quand même partie pour faire des articles). J’étais à la recherche de l’unique famille chrétienne d’un village de 11 000 habitants. Je me fais prendre en stop par un monsieur qui la connaît, encore une fois trop chanceuse… j’ai passé la fin de journée avec eux, très sympa.

Ensuite en me baladant dans la rue je me suis arrêtée dans une petite pâtisserie. Je papotais avec le vendeur (un druze, une communauté sur laquelle je vais aussi écrire un article), très sympa, qui m’a finalement accueilli chez lui pour la nuit. Ouf, je n’ai pas passé la nuit dans la rue ! On a passé la soirée avec ses amis à écouter de la musique, boire de l’arak et fumer le narguilé, c’était top ! On était à quelques mètres de la frontière avec la Syrie, la situation est super compliquée la-haut. Avant le Golan était syrien, jusqu’à ce qu’Israël l’occupe en 1967. Depuis toutes les familles sont séparées entre la Syrie et Israël (et comme il n’y a pas de paix entre les deux pays, il n’y a que très peu de relations possibles entre les habitants).

Rentrée le lendemain en stop sur 260km. Je me suis fait prendre dès le départ par quelqu’un qui allait à Ramallah tout près de Jérusalem, hip hip hip hourra. La deuxième voiture qui m’a prise était un taxi et on est allés manger un bout pas loin de Jérusalem. Une fois chez moi j’ai embrassé mon lit et j’ai dormi comme… une masse !

Shoah bis

avril 20th, 2012

Quelques minutes avant que la sirène pour la commémoration de la Shoah sonne, j’étais en train de courir depuis la vieille ville pour atteindre le marché de Mahane Yehuda (j’avais écrit un petit article descriptif et historique dessus pour les curieux : http://www.terrasanta.net/tsx/articolo.jsp?wi_number=3596&wi_codseq=CDITIN&language=fr). C’est un marché assez fréquenté et j’aurais aimé voir l’arrêt de toute circulation à cet endroit.

J’allais presque atteindre le marché quant tout à coup la sirène retentit. Mince, stoppée en plein élan ! C’était un peu étrange et comique en même temps, j’avais envie de courir encore 30 secondes pour arriver jusqu’au marché mais en même temps tout le monde était déjà arrêté et je ne me voyais pas courir au milieu de ses statues… J’ai donc stoppé net, échec de la mission initiale mais pas de regret.

En fin d’aprem je m’en vais à Ashkelon, près de la bande de Gaza. Ça fait des lustres que je veux approcher et voir la frontière avec Gaza, ce sera chose faite demain normalement !

Bon week end :-)

Yom Hashoah, un jour pour se souvenir

avril 20th, 2012

10h00, la sirène retentit. Dans les rues de Jérusalem Ouest, majoritairement fréquentées par les israéliens juifs, le temps s’arrête soudain. Pendant deux minutes, plus rien ne bouge : les gens se tiennent debout, immobiles. Les voitures, vélos et même le tramway cessent de circuler. Quelques touristes, ne comprenant pas ce qui se passe, continuent à marcher quelques secondes, avant de s’arrêter quand en deux mots quelqu’un leur explique.

C’est Yom HaShoa, le jour de commémoration de l’Holocauste. Tous les ans depuis 1953, le 27 Nissan est consacré à la mémoire des six millions de juifs tués pendant la Seconde Guerre Mondiale. « C’est le jour de l’année le plus important pour les Juifs, un jour très triste. Six millions, vous vous rendez-compte ? Comment est-ce possible ? Je prie pour que cela n’arrive plus jamais », commente Avi, un israélien de 43 ans.

Hier soir, le Président israélien Shimon Peres et son Premier Ministre Benjamin Netanyahou étaient au musée de l’Holocauste Yad Vashem. Netanyahou a dénoncé la politique iranienne qui « travaille à notre destruction », et a souligné l’importance de tirer des leçons du passé. Le message est clair : « N’oublie jamais, plus jamais ça ». Dans les écoles, la journée est consacrée au souvenir et aux débats. Beaucoup d’enfants se rendent en classe habillés de bleu et de blanc, les couleurs du drapeau israélien. Sur les chaines de télévision défilent des programmes en relation avec la Shoah : témoignages des derniers survivants, images des camps, débats sur la politique sécuritaire d’Israël…

Natasha est nouvelle dans le pays, elle a fait son alyah en décembre dernier. Pour elle, Yom HaShoa est bien plus intense en Israël qu’aux Etats-Unis, où les gens pensent pendant quelques minutes à la tragédie et poursuivent leur routine journalière. « Ici il y a des panneaux d’affichage dans les rues, les gens postent toutes sortes de commentaires sur leur page facebook. C’est très puissant, c’est dans l’air, j’ai l’impression de respirer les mémoires, ça colle à la peau » confie-t-elle.

Mais si on commémore l’Holocauste, on commémore aussi l’héroïsme. En effet, l’appellation exacte de ce jour est « Yom HaZikaron laShoah ve-laG’vurah », littéralement le jour de commémoration de l’Holocauste et de l’Héroïsme. L’idée est de ne pas se focaliser uniquement sur les images de victimes, mais aussi sur les images de résistance. D’un côté les Juifs veulent se souvenir de ce qui s’est passé, ne pas oublier. Mais de l’autre côté, ils ne veulent plus vivre avec ce traumatisme sur les épaules. Ils considèrent qu’Israël n’est pas bâtie par des victimes mais par des hommes forts, des pionniers. Ainsi, le jour de la commémoration de l’Holocauste est aussi le jour de la commémoration de la révolte du ghetto de Varsovie, quand la population juive se souleva et combattit par les armes contre les forces d’occupation allemande. En quelque sorte, ce jour est aussi un jour de fierté nationale, qui rappelle le courage des victimes des nazis.

Yoni a 30 ans, c’est un activiste pour la paix. Il déplore que les arabes israéliens ne respectent pas cette minute de silence. « Je ne dis pas que tous les arabes de la région doivent se taire et se tenir debout pendant deux minutes. Mais les arabes israéliens sont citoyens d’Israël, ils devraient respecter ce jour ». En écho, Jihad (arabe israélien) répond que cette tragédie ne le concerne pas et qu’il ne voit pas pourquoi il devrait y prêter attention.

Plus loin dans la rue, Mirva (une juive yéménite), raconte que même si aucun membre de sa famille ne fut victime des nazis, elle se sent autant touchée que tous les autres Juifs. « Je pense à tous les enfants qui ont péri dans les camps et qui n’ont pas eu la chance de profiter de leur vie. Tout ca parce qu’ils étaient Juifs. Nous voulons vivre en paix avec nos voisins, sans avoir à toujours se méfier. Mais pour le moment ce n’est pas possible car l’antisémitisme est encore très présent. Alors oui je suis pour la paix, mais pas si ma sécurité est en danger. »

A 10h02, la vie reprend son cours. Les gens se remettent à marcher, les moteurs redémarrent. Cependant la tristesse se fait encore sentir. Yonatan est vendeur de cartes à gratter et de grilles de loto, mais il attend peu de clients. Personne ne jouera aujourd’hui, le commerce reprendra demain.

Suite et fin de la virée

avril 15th, 2012

Je ne pensais pas rester plus de deux ou trois jours dans le Nord, mais en fait Sandra et sa famille m’ont invitée à un mariage le vendredi soir…

Du coup j’en ai profité pour aller entre temps un peu plus encore vers le Nord, à la frontière avec le Liban. J’ai dormi une soirée chez un chouette couchsurfer, dans un kibbutz.

Pendant qu’il travaillait la journée je suis allée dans un village voisin à la recherche  d’une personne ayant un profil particulier : un israélien chrétien maronite libanais. On m’avait dit que le village était principalement composé de chrétiens maronites libanais… faux ! des chrétiens maronites oui, mais pas originaires du Liban.

Après quelques heures passées à la municipalité et des questions à des passants par-ci par-là, je suis tombée sur un docteur qui connaissait un chrétien maronite venant du Liban, Saed. Vous devez vous demander pourquoi c’est si particulier… c’est vraiment complexe mais.. en très gros, quand Israël s’est retiré du Liban en 2000, de nombreux chrétiens maronites libanais sont venus se réfugier en Israël (ils faisaient partie de l’Armée sud du Liban, qui avait collaboré avec Israël contre le Liban et avait entre autre participé au massacre de Sabra et Chatila…). Leur situation est inconfortable, notamment parce qu’ils ne peuvent pas rentrer dans leur pays sans être accusé de collaboration avec l’ennemi. Bon, en très très gros.

Le vendredi dans la journée je suis retournée à Kfar Kama chez les circassiens. Le mariage était vraiment sympa.

Samedi je suis repartie à Jérusalem, ça m’a pris des heures et des heures en stop. Je me suis arrêtée 1h pour me reposer à plage de Tel Aviv et j’ai continué en stop jusqu’à Jérusalem. Au lieu de rentrer à la maison je me suis arrêtée chez Yovav pendant quelques heures et on est ensuite allés au Saint-Sépulcre pour voir la célébration de Pâques des orthodoxes. C’était plein à craquer de monde, et notamment d’Erythréens (chrétiens orthodoxes pour la plupart, qui sont venus spécialement pour l’évènement). On a papoté avec un réfugié qui vit à Tel Aviv, il a réussi à grimper les échelons et est devenu sous-chef de restaurant, ça faisait vraiment plaisir à entendre (la plupart des réfugiés sont sans travail).

On est maintenant dimanche, journée de repos après toutes ces péripéties. J’ai enfin rattrapé mon retard sur le blog, hourra !

Circassiens

avril 15th, 2012

Les circassiens sont vraiment top. Ils ne parlent ni hébreu ni arabe. Ou plutôt, disons qu’ils peuvent parler hébreu et arabe mais qu’habituellement ils parlent une toute autre langue : l’adiga (plus connu sous le nom de circassien). Cette petite minorité qui réside principalement en Galilée, au nord d’Israël.Dans le monde, on compte aujourd’hui environ cinq millions de circassiens. La majorité d’entre eux se trouve en Turquie (3 millions) et dans le Caucase (1 million). La Syrie, l’Allemagne et la Jordanie accueillent chacun 60 000 Circassiens et on en trouve quelques 50 000 aux Etats-Unis. Israël ne compte quant à elle que quelque… 4 000 individus appartenant à cette communauté. Et pourtant, ou peut-être plutôt à cause de cela, les Circassiens d’Israël sont très soudés et perpétuent leur existence et leurs traditions de génération en génération.

Les circassiens sont actuellement regroupés dans deux villages en Israël : Réhania et Kfar Kama. Autrefois, un troisième village Khirbat Circas était habité par ces habitants, mais la population fut décimée par la malaria au début du XXe siècle.

Comment les membres de cette communauté sont-ils arrivés en Terre Sainte ? L’histoire remonte à 1839, quand une guerre sans merci opposa les circassiens à l’empire russe. Persécutions et meurtres était le lot quotidien des villageois circassiens jusqu’en 1864,  date à laquelle ils reçurent l’ordre de partir de Russie.  Près de 2 millions de Circassiens fuirent l’empire russe. Un grand nombre de circassiens fut trahi par les russes qui les firent monter à bord d’un bateau, soi-disant à destination de la Turquie. Le bateau fut en réalité coulé au large des côtes, entrainant la mort de tout l’équipage. L’empire ottoman en aurait pris plus d’un million sous sa coupe, pensant gagner une main d’œuvre supplémentaire pour l’agriculture, les travaux de construction de routes et de chemins de fer. Les turcs en firent surtout des mercenaires redoutables, les circassiens ayant toujours été des as de l’épée.

C’est entre 1873 et 1878 que les circassiens atteignirent la Terre Sainte. Ils s’installèrent dans les trois villages évoqués plus haut, à savoir Nehania, Kfar Kama et Khirbat Circas.

Dès le début du XXeme siècle, les relations furent cordiales avec les immigrants juifs venant de Russie, notamment grâce à la proximité des langues. Aujourd’hui encore, la loyauté de la communauté à l’égard d’Israël et grande, et nombreux sont les jeunes hommes font le service militaire de trois ans.

Cependant, les circassiens se trouvent dans une situation quelque peu inconfortable politiquement. D’un côté, les circassiens doivent et ont la volonté de servir le pays dans lequel ils vivent, à savoir Israël. Depuis 1958, les hommes doivent effectuer le service militaire. Beaucoup occupent des postes dans les forces de sécurité : police aux frontières, armée, police israélienne, gardes de prisons. D’un autre côté, la religion musulmane les rapproche inévitablement de leurs voisins palestiniens, avec qui ils n’ont jamais été en conflit. Ainsi, de nos jours, un nombre croissant de jeunes circassiens refusent de faire le service militaire.

La passion pour les chevaux qu’ont les circassiens se retrouve jusqu’à dans leur danse. Les pas rapides rappellent immédiatement le piétinement des étalons et le rythme soutenu de la danse fait écho aux chevaux au galop. Tandis que les femmes se déplacent gracieusement en dessinant des cercles, les hommes sautent et jouent aux acrobates pour impressionner les demoiselles.

Aujourd’hui, à l’école, les circassiens parlent l’hébreu et apprennent l’arabe. Depuis peu, l’enseignement de l’écriture et de la lecture de la langue circassienne figure dans les programmes scolaires, à la grande joie des habitants. Sandra, une des filles de la famille chez qui j’étais, me disait qu’elle aimerait beaucoup savoir lire et écrire mais qu’elle n’en avait jamais eu l’occasion ». Depuis des générations, la langue se transmet uniquement oralement.

La religion dominante est l’islam sunnite. Au départ païens, les circassiens se convertirent ensuite à la chrétienté (orthodoxe) avant de venir progressivement musulmans suite à l’expansion de l’islam et l’influence des ottomans. Aujourd’hui, si on trouve encore des circassiens chrétiens orthodoxes dans le Caucase, tous les habitants d’Israël sont musulmans.

Si on parle de mariage, on ne peut oublier de s’attarder sur une tradition originale. Si les parents de la bien-aimé du jeune homme refuse de lui laisser leur fille, alors celui-ci planifie… un kidnapping ! Ensemble, les deux amants fixent une date et un lieu. Au moment convenu, l’homme tire un coup de fusil pour alerter le village que le kidnapping a commencé. Il la ramène alors dans sa famille, qui s’occupera de la future mariée jusqu’à ce que ses parents cèdent. Un chantage efficace. Le fait que les amants puissent se marier selon leur propre choix explique en partie le très faible taux de divorce au sein des Circassiens. Jusqu’à aujourd’hui, le mariage est considéré comme un engagement qui amène à faire des concessions.

Un grand égalitarisme est présent chez les circassiens. Autrefois, toutes les tables étaient rondes afin que chacun soit à la même position. Bien que la société soit patriarcale, la place des femmes était très grande et nombreux étaient leurs droits.

En Israël réside la diaspora circassienne la plus petite mais dont l’identité nationale et la langue sont les plus préservées, en même tant que l’intégration est très grande parmi les israéliens. Un bel exemple de compromis qui pourrait et devrait en inspirer plus d’un…

Début de la virée dans le nord

avril 15th, 2012

Lundi soir j’ai pris le bus direction Kfar Kama, un petit village au nord d’Israël. C’est un village peuplé de circassiens, une communauté venant du Caucase sur lequel je vais écrire un article.

J’y ai passé deux jours dans une super famille.  En se promenant, on est passé dans un village de bédouins. Quand le mot bédouin résonne dans les esprits, il est souvent associé aux images de tentes, d’installations précaires et de nomades vivant dans le désert.

Pourtant, un grand nombre de bédouins vit aujourd’hui dans des maisons en dur, connectées au réseau d’eau potable et d’électricité. C’est notamment le cas du village de Shibli, situé sur le flan du mont Tabor. S’il n’y avait pas ce petit café-restaurant au décor typiquement bédouin en bordure de route, rien ne saurait différencier ce village d’un quelconque autre village arabe d’Israël.

J’ai donc voulu poser quelques petites questions aux habitants… Accueillants, les propriétaires du café-restau ne cachent pas leurs états d’âme. Abla a plus de 50 ans et vit à Shibli depuis sa plus tendre enfance.

Elle vécu d’abord avec sa famille dans une maison en pierre, avant de déménager dans une maison en béton. « Avant les maison en pierre, je sais qu’il y avait uniquement des tentes bédouines sur cette montagne ». Mais avec la création d’Israël et les incitations du gouvernement pour la sédentarisation, les tentes ont laissé place aux maisons en pierre, puis en béton.

Ali Shibli, ancien maire du village, se félicite de cette évolution. « C’est moi qui suis à l’origine de ce village moderne. J’ai amené l’électricité et l’eau potable où il n’y avait rien autrefois, c’est fantastique, la vie est beaucoup plus simple aujourd’hui ! ».

Une vie plus simple ? Tout dépend du sens que l’on donne à ce mot. Certes, désormais, plus besoin de s’éclairer à la lueur d’une bougie, ni de laver les vêtements à la main. Une pression sur l’interrupteur et la lumière jaillit, une pression sur un bouton et le lave-linge se met en route.

Cependant, les mentalités ont changé et pour Abla, elles sont devenus plus compliquées. « Avant les bédouins vivaient au jour le jour, ils travaillaient seulement pour avoir de quoi manger. Le reste de la journée était consacré au repos et aux discussions, à l’écoute de la nature. Aujourd’hui, les bédouins travaillent pour amasser de l’argent et se projettent dans l’avenir. Certains sont patrons de commerces rentables et d’autres font appel à des avocats ».

L’indépendance de ces anciens nomades a, elle aussi, pris un coup. Autrefois, les bédouins se nourrissaient exclusivement de leur bétail et du fruit de leur travail. Les chameaux fournissaient le lait, la viande et même certains remèdes médicinaux (notamment par l’urine). Les poules donnaient des œufs. Les moutons la laine, etc. La notion de supermarché était inconnue de cette population qui ne vivaient que par le troc. A ce jour, à part quelques troupeaux de-ci de-là, l’élevage et l’autosuffisance ont quasiment disparu. La dépendance est avouée… à contrecœur.

Les bédouins peuvent également de faire le service militaire. La plupart le suivent effectivement, non pas forcément par conviction idéologique mais plutôt pour des raisons pratiques : quiconque a fait le service militaire se voit ensuite plus facilement embauché dans le service public. Par ailleurs, nombreux sont les bédouins engagés dans l’armée en raison du salaire versé en compensation.

Abla rappelle enfin qu’avant la création de l’Etat d’Israël, les bédouins s’installaient où ils le souhaitaient. La découverte d’un puits était de peu suivie par l’aménagement d’un camp tout autour, sans qu’il soit question de droit de propriété. Aujourd’hui, les permis de construire sont obligatoires pour bâtir toute nouvelle maison, et sont parfois vus comme des entraves à la liberté d’agir des bédouins.

Toutefois, la bédouine vêtue de son costume traditionnel est loin de se plaindre. Elle reconnait le bienfait de cette évolution, notamment pour ses enfants dont l’avenir est prometteur grâce à l’éducation qu’ils ont reçue dans les écoles. De plus, elle vit dans un endroit où il fait bon vivre. « Pas comme à Haïfa ou Nazareth où les gens sont entassés les uns par-dessus les autres ! » finit-elle en riant.

Week end

avril 15th, 2012

Samedi j’ai servi de guide à Yishai, un couchsurfer israélien… de Jérusalem. Ca a commencé autour d’un café, puis en parlant de Jérusalem Est (habités par des palestiniens israéliens, contrairement à Jérusalem Ouest habité par des juifs israéliens) et du mont des Oliviers il m’a avoué qu’il n’y avait jamais mis les pieds… !!!!

Je lui ai donc proposé d’aller faire un tour, mais il était vraiment apeuré. Au début j’avais du mal à croire qu’il ne jouait pas la comédie ! Finalement je l’ai convaincu et on y est allé… il était vraiment sur ses gardes et pas détendu du tout (il a 30 ans). Il avait l’impression d’être dans un autre pays.

Ca peut paraître fou, Yishai habite à 10 minutes à pieds de Jérusalem-est. Les clichés du méchant palestinien terroriste sont encore bien présents dans les esprits de beaucoup d’israéliens juifs… Bref.

On est ensuite montés en haut du mont des oliviers, et Yishai était vraiment content d’y être.

Dimanche j’ai passé la journée avec Yovav, aussi israélien, un de mes meilleurs amis d’ici.  On est allés à Lifta, un village abandonné / dont les habitants ont été expulsés pendant la guerre de 1948. C’est assez comique parce qu’il y a une piscine naturelle dans ce village abandonné et elle était pleine… d’ultra-orthodoxes ! Ils se baignaient tout habillés avec leurs enfants, marrant à voir.

C’est pas fini

avril 15th, 2012

J’avais bien besoin de repos après cette longue marche mais le soir même c’était… le vrai jour de Pessah pour les juifs !

J’étais invitée à passer la soirée chez des israéliens que j’avais rencontré quelques jours plus tôt. Après un grand café vers 19h je suis donc ressortie de la vieille ville jusqu’à leur maison… 30 minutes de marche. J’en pouvais plus, je riais toute seule dans la rue tellement ça me semblait surréaliste ahah ! Vraiment, j’avais les pieds en compote et à chaque pas je faisais la grimace. Mémorable.

La soirée était super sympa, je détaille pas mais en gros on a mangé comme 10, et eux ont chanté et lu la Torah qui raconte l’exode des juifs d’Egypte en Israël.

Je suis rentrée à 4h du matin, et après les trente minutes de marche retour j’ai ENFIN pu fermer l’oeil !

Randonnée folle

avril 15th, 2012

Le lendemain de la soirée de Pessah, j’ai fait la rando… la plus folle pour l’instant !

Avec 6 amis (un français et 5 israéliens), nous sommes partis en bus vers 18h30 non loin de Bethléem. De là, on s’est mis en marche au coucher du soleil. L’idée ? rejoindre… la mer morte à pieds au petit matin ! Distance d’environ 25 kilomètres, sous la pleine lune.

Sur le chemin on s’est arrêté pour explorer les caves Hariton. 4 kilomètres de petits passages plus étroits les uns que les autres qui relient des grandes “chambres” souterraines. Une fois à l’intérieur pas question d’être claustrophobe ! Entre deux chambres chacun doit ramper et se glisser dans les petits couloirs, parfois si étroits que même à plat ventre on a du mal à avancer ! On commençait bien la rando, pleins de poussière, de sueur et d’égratignures.

Après une nécessaire pause ravitaillement, on est repartis direction plein Est, mer morte. Les paysages changeaient au fur et à mesure qu’on avançait, passant d’une végétation abondante à des sols de plus en plus désertiques. On voyait vraiment relativement bien grâce à la lune, c’était magnifique !

Pauses contemplation, pauses café (yen a qui avaient pensé à tout !) et pauses discussions ont rythmé toute notre nuit. On a traversé des camps de bédouins, accueillis par les aboiements de chiens pas toujours très rassurants !

C’est assez dur à partager, mais c’était vraiment incroyable. On a marché environ 30 kilomètres, plus que prévu car on s’est… légèrement perdus pendant un petit temps ! On avait une carte du désert avec quelques sentiers indiqués mais c’était pas toujours évident de se situer précisément, notamment à cause des nouveaux sentiers créés par les bédouins et ne figurant pas sur la carte.

Finalement, 10 heures après, on a apercevait enfin la mer morte. Splendide.

Le stress a commencé à monter quand on a vu l’heure, il était 8h et Paul, le français, devait être à Jérusalem à 10h pour prendre un avion. Aïe, on pensait arriver plus tôt ! La course a commencé alors qu’on était déjà sur les genoux.

On est partis devant à deux, atteint la route et commencé à faire du stop. 1h15 de route en temps normal. On a été plus ou moins chanceux et on s’est fait prendre par plusieurs voitures qui nous ont amenés jusqu’à Jérusalem. De là on a enchaîné sur le tram, et rebelote pour la course jusqu’à sa maison. Le taxi est arrivé chez lui exactement en même temps que nous, c’était vraiment fou ! Paul a attrapé son sac, crade comme pas possible, et a sauté dans le taxi. J’ai reçu un message quelques heures après, les autorités et les autres passagers à l’aéroport l’ont apparemment un peu regardé de travers !

Voilà, en gros, le résumé de cette nuit qui me restera longtemps en mémoire. Je suis vraiment rentrée sur les genoux, et ne me rappelle pas avoir déjà eu autant de courbatures !

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